Entre danse contemporaine, hip-hop et gestes ancestraux venus du Maghreb, Fouad Boussouf invente un langage corporel intense et organique, traversé de pulsations, de silences et de vertiges. Sur le plateau, neuf danseuses incarnent une communauté en mouvement, traversée par la rage, l’espoir, le feu intérieur.
Après avoir rencontré un immense succès avec Näss, Fouad Boussouf s’inspire à nouveau des souvenirs de son enfance marocaine, pour mettre à l’honneur les figures féminines maternelles de sa jeunesse. Fasciné par les rituels, les danses populaires et les transes collectives, le directeur du Phare – Centre chorégraphique national du Havre Normandie explore ici une énergie brûlante, tellurique, à la fois explosive et contenue.
Sur un plateau plongé dans la pénombre, des silhouettes avancent en cercle, guidées par l’appel d’une flamme. Peu à peu, la musique envoûtante de François Caffenne devient souffle, battement de cœur, tension latente. Le feu s’invite alors dans la danse : à la fois refuge et menace. Portées par une force ardente, soutenues par le martèlement des percussions, les interprètes, telles des combattantes, se livrent à une infatigable marche qui devient course, rite, transe. Enveloppées de teintes chaudes, évoquant la terre, la braise, l’origine, elles déploient une puissance flamboyante, qui embrase l’espace et emporte tout sur son passage.
Avec une précision chorégraphique remarquable, Fêu capte l’instant où le groupe devient un, où les corps vibrent à l’unisson, dans une urgence commune. Ce spectacle est un cri, une prière, une fête. Une expérience incandescente, dont on sort transportés.
Le Figaro Francois Deletraz
Sceneweb Christophe Candoni
France Info Odile Morain
L’Oeil d’Olivier Claudine Colozzi



