La Nuit des Rois

ou tout ce que vous voulez

d’après WILLIAM SHAKESPEARE / GALIN STOEV / THEATRE DE LA CITE CDN TOULOUSE OCCITANIE

Rescapée d’un naufrage, une jeune femme se déguise en homme et fait vaciller tout un royaume livré au trouble des sentiments. Galin Stoev transforme la plus carnavalesque des comédies de Shakespeare en une fête musicale où les identités se brouillent, les désirs s’emballent et le rire affleure à chaque réplique.

Olivier Cadiot signe une traduction vive et limpide, qui fait entendre Shakespeare dans une langue résolument contemporaine. Le désir gouverne ici chaque destin et sème les quiproquos jusqu’au malheureux Malvolio, intendant puritain devenu la cible des facéties de ses congénères. La musique tient, elle aussi, le rôle d’un personnage à part entière, portée en direct par des interprètes qui passent du jeu aux instruments.

Au centre du plateau, sur une estrade, se dresse une cabane de bois qui ne cesse de se métamorphoser. Tour à tour bar, prison ou belvédère, cette boîte à surprises fait surgir accessoires et personnages au gré du récit. Les comédiens y évoluent sur plusieurs niveaux, reliés par des marches qui autorisent mille jeux simultanés.

Entre théâtre, concert et fête populaire, Galin Stoev embrasse l’esprit du carnaval, ce moment où les règles vacillent et où chacun peut devenir tout ce qu’il veut. Dans cette Illyrie imaginaire battue par les vents et les passions, le travestissement fait éclater les certitudes, les désirs se croisent, les identités se brouillent et une troupe de onze interprètes, dont l’irradiante Anna Cervinka de la Comédie-Française, entraîne le public dans une célébration aussi joyeuse qu’inquiète de la liberté.

Tout, ici, n’est qu’un prétexte au rire, à l’ivresse et à la joie.
Sceneweb, Igor Hansen-Løve

Une fête théâtrale débridée où le trouble du désir, le travestissement et les ambiguïtés de genre éclatent avec une liberté réjouissante.
Coups d’Œil, Olivier Frégaville-Gratian d’Amore