Après Le Carnaval baroque, accueilli la saison dernière, Vincent Dumestre et Le Poème harmonique reviennent à La Coursive avec une version méconnue de L’Avare, mise en musique par le compositeur baroque italien Francesco Gasparini. Une occasion rare de redécouvrir Molière à travers les siècles, dans une performance musicale pleine d’expressivité, immédiatement séduisante.
Grand classique du théâtre français, on penserait L’Avare épuisé de toute surprise. Pourtant, en 1720, à Venise, l’œuvre connaît une métamorphose inattendue en devenant un intermezzo entièrement chanté, composé par Francesco Gasparini. Transposée au XVIIIe siècle, et condensée en trois actes par le librettiste Salvi, la pièce est interprétée depuis le point de vue d’un personnage féminin, Fiametta, jeune femme modeste, décidée à châtier son voisin Pancrazio, un sexagénaire rongé par l’avarice.
Aujourd’hui, la troupe du Poème harmonique redonne vie à cette version originale, fusion unique entre comédie et musique baroque, lyrisme et farce, imprégnée de commedia dell’arte.
Réputé dans le monde entier pour son interprétation des répertoires des XVIIe et XVIIIe siècles, l’ensemble propose une mise en scène innovante réunissant onze musiciens, trois chanteurs solistes (dont l’excellent ténor Victor Sicard dans le rôle de l’avare Pancrazio) et un comédien. Le verbe acéré de Molière y conserve toute sa verve comique, porté par la richesse musicale de la partition de Gasparini qui en souligne les rythmes et les silences, entre burlesque et mélancolie. Grâce à l’exigence artistique du Poème harmonique et sa réjouissante mise en scène signée Théophile Gasselin, ce spectacle réconcilie tradition et modernité, et ravive l’esprit baroque dans toute sa splendeur.















