Philippe Découflé

Entre-temps

CIE DCA

Figure tutélaire de la danse française, Philippe Decouflé rassemble ses complices de toujours dans une traversée poétique et espiègle de l’éphémère. Avec Entre-temps, neuf interprètes de tous âges, un musicien et une vingtaine de participants amateurs dessinent ensemble un cortège sensible, drôle et émouvant.

Depuis les cérémonies d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver d’Albertville en 1992, qui ont révélé Philippe Decouflé au grand public, le chorégraphe n’a cessé d’imposer un univers à nul autre pareil, fait d’humour, de poésie et d’une fantaisie débridée qui n’appartient qu’à lui. Entre-temps, créé en 2025, est sa trente-cinquième pièce.

Sur le plateau, neuf interprètes, âgés de trente-huit à soixante-douze ans, avancent ensemble dans un défilé extravagant qui ne cesse de se transformer. La marche, la routine journalière, le sentiment de l’éternel retour dessinent le fil d’une pièce construite sur l’accumulation des mêmes gestes et leurs variations infinies.

Decouflé réunit ses interprètes fétiches, compagnons depuis ses débuts, parmi lesquels Dominique Boivin, Catherine Legrand et Alexandra Naudet, aux côtés d’un groupe de volontaires amateurs. Ensemble, ils portent la mémoire d’une aventure commune, précieuse et rare, inscrite dans les corps depuis quarante ans.

Des corps qui se tendent les bras et se ratent, une horloge qui s’emballe puis repart en arrière, un cortège qui avance sans jamais tout à fait se rejoindre. Decouflé invente un théâtre du déjà-vu où la répétition devient jubilation. Du cinéma muet aux Doors, de Laurie Anderson aux clins d’œil à ses aînés, l’humour espiègle côtoie une sincérité qui touche juste.

Ni nostalgie, ni résignation face à ce qui s’écoule. Ce qui déborde de la scène, c’est avant tout la joie de continuer à inventer ensemble. Le maître de cérémonie n’a rien perdu de sa puissance d’étonnement. De quoi repartir le cœur plus léger, et l’envie irrésistible d’y retourner.

Philippe Decoufflé ne s’attaque pas au temps qui passe, il l’embrasse avec affection. Et c’est aussi admirable que drôle, et émouvant. 

ResMusica, Ariane Dollfus

L’hymne pop à la joie de Philippe Decoufflé, au rythme des Doors et de Madonna. Il revient aux sources et livre de savoureuses madeleines, comme de belles nouveautés.

Télérama (TTT), Emmanuelle Bouchez

Decoufflé conserve un coefficient de liberté, d’invention, de fantaisie, avec toujours un peu de froufrous au milieu, sans jamais lâcher le cap de la sincérité.

Le Monde, Rosita Boisseau